dimanche 4 mars 2007

Notre nuit blanche

Hier soir, je suis arrivé chez nous à 23h. Pas si mal pour un samedi passé au boulot depuis 10h. Attrayan n'étant pas là, j'ai profité du moment pour écouter mon enregistrement de Suite 309 en soupant avec des pâtes presque pas défraîchies. Puis, avant que j'aie terminé mon émission, Attrayan est lui aussi débarqué du travail, épuisé. N'ayant pas soupé non plus, il s'est néanmoins affalé sur Magda, heureux de pouvoir lui aussi s'abrutir devant un plaisir coupable. Et puis, la même pensée, en même temps.

On est samedi soir. Le 3 Mars. C'est la "nuit blanche" partout à Montréal. Et contrairement aux années passées où l'on pouvait vivre la frénésie par procuration sur ArTV, il faut cette fois sortir pour pouvoir y goûter un peu. En s'encourageant un l'autre et en se bottant les fesses, on a donc réussit à plus ou moins se convaincre mutuellement d'y aller. Destination de départ: le Vieux-Port. On est alors arrivés par la Place Jacques-Cartier, près de l'énorme glissade montée dans la pente. Séduits par le côté juvénile de la chose, on a décidé d'enfiler nous aussi des traîneaux et de s'essayer.

Mais il y avait une file d'attente.
Pas si grosse, heureusement. On fait la file, sans avoir de traîneau, confiants qu'on nous en donnerait au moment de glisser. Non non, il faut aller à la fin de la descente, où l’on vous remettra des traîneaux. Bon. Alors on descend à la fin de la glissade pour prendre possession du truc de plastique.

Mais il y avait une file d'attente.
Tant pis. C'est pas vrai qu'on fera DEUX files d'attente pour une activité aussi simple. On continue donc notre chemin, qui nous amène au nerf de la guerre. Attrayan, en proie à une faim abyssale, aperçoit un kiosque vendant des saucisses à faire griller sur le feu. Son ventre crie tellement de joie que je l’entends moi aussi. Nous nous précipitons au kiosque…

Mais il y avait une file d’attente.
Tant pis pour les saucisses. Le coloc décide de prendre son mal en patience, au moment où j’aperçois un kiosque qui vend des marrons, sur lequel nous jetons notre dévolu.

Mais il y avait une file d’attente.
Il est hors de question qu’on attende pour pouvoir acheter des marrons. Si on ne peut pas manger, on pourra au moins boire, nous disons-nous en apercevant le kiosque voisin tenu par des représentants de la SAQ.

Mais il y avait une file d’attente.
On passera donc la soirée sobres. Nous apercevons alors la sphère Loto-Québec, où l’on peut aller danser avec des écouteurs, dans une ambiance silencieuse. Chouette idée.

Mais il y avait une file d’attente.
Exaspérés, nous nous retournons sur nous-mêmes, un peu confus. À quelques mètres de nous, nous apercevons une patinoire, sans file d’attente. Joie. Nous décidons d’aller patiner, puisque c’est la seule activité possible. On demande à un passant où louer des patins et, tout sourire, il nous pointe une cabane avec un comptoir.

Mais il y avait une file d’attente.
Nous revenons donc sur nos pas, mi-fugue mi–raisin. Et nous apercevons une première activité sans file d’attente. C’est une sphère avec des réchauds, où les gens peuvent entrer et se réchauffer en attendant quelques instants. Vous avez bien lu : la seule activité sans attente est celle qui consiste à attendre. Très peu pour nous, merci. Nous remontons donc et passons devant les files d’attente de l’hotel de ville et du musée, et prenons la navette pour quitter le quartier.

Mais il y avait une file d’attente.
Ce sera bien la seule attente que nous accepterons de faire.

Après avoir attendu quelques minutes devant l’autobus, nous partons enfin vers la Place-Des-Arts. En débarquant devant la file d’attente du Musée d’Art Contemporain, nous décidons de nous engouffrer dans la Place-Des-Arts, question d’aller voir l’improvisation au Théatre Jean-Duceppe.

Mais il y avait une file d’attente.
Même chose au studio et à la cinquième salle. Découragés, nous optons pour le plan de secours : les courts-métrages d’horreur au Café Cléopâtre.

Mais il y avait une file d’attente.
Nous traversons la rue pour aller au Club Soda, où il n’y a pas de file d’attente. Un portier sort de la salle au moment de notre arrivée et nous demande d’attendre… créant ainsi une file d’attente avec nous! Ça en est trop. Nous abandonnons. Nous repartons vers notre résidence, en marchant sur Ste-Catherine. Alors que nous passons devant le restaurant Sipan (pizza à 99 cents), la faim d’Attrayan se réveille. Nous y entrons, pour avoir notre lunch de fin de soirée.

Et il n’y avait pas de file d’attente.
Conclusion : la Nuit Blanche de Spectra, plus jamais. On attendra la Nuit Blanche de Sipan, puisqu’ils semblent être les seuls en mesure de gérer convenablement un achalandage.

15 commentaires:

Caroline a dit...

Attendez ! Attendez... Je crois que j'ai une idée pour l'an prochain... Ah non, désoler... J'ai oublier

;)

François Lafrenière a dit...

Ça, c'est la triste conséquence d'un événement rassembleur où on attend un paquet de monde non seulement de Montréal, mais de la banlieue afférante. Il ne faut pas se leurer; les files d'attentes, ça fait partie de la game. Évidemment, la question à se poser, c'est est-ce que la game vaut la file d'attente? Moi, j'aime mieux passer la nuit dans mon lit.

Fredesk a dit...

Y avait-il au moins assez de bancs de parc pour vous permettre de vous asseoir en attendant ?

;o)

Philtre a dit...

merci de ces généreux conseils!

Éternel-Étudiant a dit...

Sipan, tellement meilleur que Memo. Dommage qu'il aie déménagé pour être plus prêt des Foufs et du 281, on l'aimait bien quand il était à côté de l'UQAM (en plus, c'était vraiment 0.99$ dans ce temps là).
Je viens d'avoir un flash, il est déménagé à peu près en même temps que le 281, y-a-t-il un lien ?

Jo a dit...

Un proverbe chinois dit : a qui sait attendre, le temps ouvre des portes.

(pour moi celui qui a écrit ca, est aller a la nuit blanche et c'est taper les lignes d'attentes. Mais contrairement a vous, il semble avoir aimé sa soirée lui!)

Marc-Alex a dit...

Non mais quelle parresse !? Quand même, j'ai un dvd portatif que vous pourriez regarder dans les files d'attente, faites une offre !

Panthère rousse a dit...

J'ai eu de la chance, je suis allée à plein de trucs toute la nuit et n'ai fait la file que quelques minutes à l'intérieur du Musée d'art contemporain (vers 3h du matin) et une demi-heure pour le déjeuner, mais là aussi c'était à l'intérieur et j'ai eu des conversations assez intéressantes avec mes voisins pour ne pas remarquer que j'attendais. Le seul endroit où j'ai reviré de bord à cause de la file, c'était le Lion d'or.

Guillaume a dit...

En effet, j'ai été surpris par le nombre et la longeur des files d'attente. Quand j'ai fait la nuit blanche à Paris, il y avait quelques activités qui avait une fille d'attente (je me souviens d'avoir attendu une heure pour la piscine de Saint-Germain), mais globalement, il y avait plein de truc intéressant pour ceux qui ne voulait pas attendte. Je suis déçu de Montréal.

Et encore, vous n'êtes pas aller au petit déjeuner au centre desjardins, c'était la fille d'attente la plus impressionnantes. Comment finir en beauté...

Elise a dit...

elle est bien bonne

Une femme libre a dit...

Les files d'attente, c'est aussi un signe que l'événement a été un succès et qu'il a attiré plein de monde. Il y avait des gens partout et une superbe atmosphère et en plus une éclipse de lune! Comme la Panthère rousse, je n'ai attendu nulle part excepté au déjeuner. Il y avait de superbes spectacles à la Place des Arts avec beaucoup de place pour les spectateurs donc pas de file. Florence K, Philippe B
À 11 heures, pas de file au Musée d'art contemporain non plus.

Future Bachelière a dit...

Merci, ça me console de ne pas m'être déplacée pour la nuit blanche. Parfois ça paie d'être paresseuse et de rester au chaud ! Je m'en félicite ^^

Sébastien a dit...

ouais, ben y faut choisir ses activités. C'est évident qu'il va y avoir des files d'attentes pour le dance floor avec des casques d'écoute, c'est évident qu'il va y avoir une file d'attente pour glisser, c'est évident qu'il va y avoir une file d'attente pour l'impro. Choisissez mieux vos activités, BYOB et BYOP et vous allez voir que la Nuit Blanche peut vraiment être cool.

L'intense a dit...

Ouais c'était assez incroyable. La seule file dattente que j'ai faite c'était pour le dôme loto-quebec pour finalement me ramasser avec plein de monde saoul et un couple qui ont tourné la langue pendant au moins 7 minutes consécutives!

Rocklapin a dit...

vous avez peut etre le donc pour la fils d'attend.Le belgo etais sans fils et remplie expo et de show , le musé contemporain sans fils d'attente et le déjeuné 15 minute et j'étaie servie.